Georges-André Stroh

Bienvenue chez Georges-André Stroh, poèmes et textes courts, slams et performances, gros et détail.

01 octobre 2008

Elle. Elle, telle une oasis, est apparue. Et soudain la grâce a trouvé son visage. Si j’eusse été pourvu d’un moteur et de roues, on m’eut alors nommé Bernadette Subaru. En cinquième vitesse, l’apparition occupait tout mon champ de vision. Jarretelles fantomatiques, d’écume et de soleil, la plus belle vague de la plage. Et puis j’ai entendu sa voix. 

Numéro 79… Qui a le numéro 79 ? Monsieur, si vous n’avez pas pris de ticket, vous refaites la queue, comme tout le monde. C’est comme ça, monsieur.

Elle, telle, un marbre renaissance, telle une locomotive de chair, griffes d’argent et de platine, tel un menhir de diamant, elle. Arc bandé et souffle de printemps. 

Monsieur, vous comprenez bien que sans le numéro de sécurité social de l’oncle de votre boulangère, je ne peux rien faire pour vous. Vous me remplirez le formulaire B614.

Elle, si lointaine quand je respirais son odeur. Un parfum d’aventure et de chocolat noir, parfum de sève sucrée, de replis organiques, parfums de draps humides, d’horizontalité, des parfums de vergers et de fruits murs à point, des parfums de scandale et d’aurores infinies.

Voilà, je vous remets donc le dossier bleu avec la liste des pièces à joindre en huit exemplaires, sauf les soulignées, vous nous en fournirez 23 copies, après demain, dernier délai. En vous remerciant. Suivant !

Dans la porte à tambour qui signait mon départ, je la caressais une dernière fois de l’œil.

Administration, je t’aime.

Déclamé le Samedi 27 septembre dans la grange de l'AM, Brioux, (79).

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Elle / Administration je t'aime by François Bonneau / Georges-André STROH est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.

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28 avril 2008

Ou quelque chose comme ça

Alors, elle a dit ...
Je brûle, Tu me consumes, J’ai sous la peau des bouts de plumes qui vibrillonnent et me démangent // Et je calanche // Et toi tu jongles,
Et viens donc enfoncer // …tes ongles.
… ou quelque chose comme ça…

Alors, il a dit …
…oui ?
…ou alors à peu près.

Alors, elle a dit …
Alors tu vibres ? Et je palpite Et je cogite à tour de bras J’ai hâte et je me précipite Je voudrais tant que tu m’invites

   
Je voudrais admirer // …ton gite.
… Approximativement.

Alors, il a dit …
 
…m’oui !...
…quelque chose dans les environs.

Alors, elle a dit …
 
Oh, je n’ai plus aucun complexe, Tu es le seul dans mon cortex, et Circonflexes sont mes yeux, Pas un, les deux en arabesque, Donne-moi ta rue, et ton cedex, Donne moi l’adresse de ton duplex,
Je veux grimper sur // …ton solex.
…enfin, presque.

Alors, il a dit …
Je crois avoir saisi l’enjeu global de la question
   
Et Cupidon a un fusil je n’ai pas de gilet pare-balle
   
En général ses balles me fuient c’est à pleurer comme un oignon
 
Mais aujourd’hui, comme une mouche sur un néon, son arsenal
 
M’a mis à mal, m’a ébloui, m’a étourdi et pour de bon,
 
Pourquoi dire non c’est un grand oui pour t’installer dans mon local
Pour te délacer les sandales pour un plongeon canapé-lit
Un midi-minuit polisson Discuter à l’horizontale
…ou quelque chose approchant.

Alors, elle a dit …
Oh ! Grossier personnage !

Mais elle riait.

Alors, ils sont partis par là-bas.

(Déclamé le 24 avril 2008 au Grand Café, Poitiers)


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